Ci-dessus : Tétradrachme d'argent 'Bucephalus" frappé par Alexandre le Grand en l'honneur de sa légendaire monture
La Lettre de Bucéphale Publication éphémère à périodicité aléatoire, diffusée grâcieusement à une sélection d'abonnés.
Il existe deux versions illustrées, l'une diffusée par e-mail, l'autre par la poste pour les non-branchés.Troisième Année - n° 3 du 25 mai 2003 Californie - Polynésie française
Retour à Los AngelesNous vous avions quittés à Las Vegas, encore tout épatés par le grand show de Céline Dion et par le dynamisme de cette ville en perpétuelle ébullition. Il ne nous restait plus qu'à regagner Los Angeles, après une boucle de 3,000 miles (5.000 km). N'y ayant fait que de brefs séjours, nous avions décidé cette fois d'y passer une bonne semaine. Grâce à la voiture prêtée par un ami, et Bucéphale nous hébergeant la nuit, nous avons pu sillonner bien tranquillement Santa Monica et Berverly Hills, Manhattan Beach et Hollywood, sans espérer tout connaître de cette mégalopole longue de 150 km.
Disney ayant ouvert un nouveau parc d'attractions près de l'ancien, nous sommes allés à la découverte de 'Californian Adventure'. Nous avons particulièrement apprécié les films en 3D qui nous faisaient redécouvrir - depuis un hélico ou un ULM - les splendides paysages que nous n'avions arpentés qu'au ras du sol. Epoustouflant ! Et que de sensations dans le super-grand-huit ou la grande roue ! Comme des enfants, nous nous en sommes donné à cur-joie.
Les jours suivants ont été consacrés à moult libations avec nos amis du coin, dont le cercle s'élargit d'année en année. Puis, prises d'une frénésie d'achats, Nicole et Christiane ont dévalisé les centres commerciaux, encouragées par le cours du dollar, les soldes ou liquidations, et aussi les prix très attractifs de rayons comme l'habillement ou les chaussures. Exemple : deux paires d'escarpins pour 10$ (ou €). Qui dit mieux ? Et ne parlons pas des Goodwill, l'Emmaüs local !
La rançon de cette boulimie est qu'il a fallu rapporter tout cela jusque Montpellier - ou Marseille pour Nicole. Il fallait voir nos sacs extensibles de 32 kg (franchise de deux par personne) bourrés à bloc. [32 x 6 = 198 kg] + [3 x 15 en cabine] = 250 kg de bagages ! Le pire est que les mesures de sécurité ont entraîné une fouille complète à l'aéroport : tout a été vidé et examiné objet par objet. Un cauchemar. Mais qui s'est bien terminé. Maintenant, y a plus qu'à ranger
Une séparation inévitable Ce troisième périple était le dernier du genre. Ayant visité l'essentiel de ce qu'il y a à voir dans l'Ouest américain entre le Canada et le Mexique, il nous faudra bien découvrir ailleurs les autres merveilles de ce vaste monde. C'est pourquoi il nous a fallu prendre la décision de vendre notre bon vieux Bucéphale. Bien des souvenirs nous attachaient à ce fidèle compagnon. Grâce à lui, nous avons eu la liberté de choisir nos itinéraires, de séjourner n'importe où, sans calendrier ni réservation, de nous nourrir à notre guise. Mais les meilleures choses ont une fin et nous avons tourné cette page. Ayant aisément trouvé un acheteur, notre 'camion' s'en est allé, juste avant que nous prenions l'avion du retour. Adieu cher Bucéphale !
Impressions américaines Certains d'entre vous nous ont demandé de livrer nos impressions générales au terme de ces séjours aux Etats-Unis. En voici quelques-unes en vrac.
Ce qui nous a plu - L'accueil, la serviabilité. Le civisme, la tolérance (en général).
La courtoisie au volant, la priorité absolue aux piétons.- La signalisation très claire des routes, des carrefours, des rues.
- Les grandes surfaces ouvertes 7jours/7 24h/24, ou de 6h à 22h.
Les soldes aux rabais faramineux.- Les fabuleux parc nationaux :
leurs sites, leur entretien, leur personnel.- Le prix de l'essence : 0,40 à 0,60 €/l !
Ce qui nous a moins plu - Le manque de culture générale, l'ignorance du reste du monde, le sentiment d'être un modèle universel.
- L'état d'entretien de certaines routes.
- Les employés travaillant jusqu'à un âge avancé, vu la médiocrité de leur retraite. La faiblesse de la protection sociale.
- Les réserves indiennes :
cradingues, chères, à l'accueil déplaisant.- La consommation des moteurs !
A nous les lagonsDepuis longtemps, l'envie nous tenaillait de découvrir la Polynésie Française. Los Angeles étant à 8h d'avion, on y est pratiquement à mi-chemin de ces îles des antipodes. C'est donc le meilleur itinéraire pour couper en deux ce long voyage et diminuer les effets du décalage horaire. Nous avions donc pris des billets Paris-Papeete chez Air Tahiti Nui, avec stop-over à L.A. à l'aller et au retour.
Notre projet initial était de faire un circuit de plusieurs îles. Mais la défaillance d'un ami 'organisateur' d'une part, notre impécuniosité de fin de vacances d'autre part, nous ont amenés à revoir nos ambitions à la baisse. Nous nous sommes donc limités, pour ce premier contact, aux îles de Tahiti et de Moorea.
Partis le 1er mai pour Papeete, avec le minimum de bagages, nous étions accueillis avec les traditionnels colliers de fleurs par Guy et Joëlle, des amis de trente ans, qui vivent une partie de leur retraite à Tahiti.. Logés à Papara (30 km de Papeete) dans un agréable faré (bungalow sur pilotis) au bord du lagon, nous avons pris quelques jours de détente : excursions, visite du musée Gauguin, dégustation de poisson cru. Dans le port de Papeete, où nous dînions 'aux roulottes' sur des tables en plein air, nous avons assisté aux préparatifs de départ du splendide paquebot Paul Gauguin. Il appareillait pour une croisière de deux semaines vers les Tuamotu et les Marquises. Sans nous, hélas, mais nous serions bien volontiers montés à bord ! Ce sera pour une autre fois. Nos noces d'or, peut-être, en 2009 ?
Une mini-croisière de consolation C'est une traversée bien plus prosaïque que nous avons quand-même faite : celle qui nous menait, avec notre R5 de location, vers l'île de Moorea. Le ferry nous a fait penser à celui qui, chaque année, nous mène d'Algésiras à Ceuta, quand nous traversons le détroit de Gibraltar pour aller au Maroc.
Notre faré de location se situait dans un ensemble bien sympathique : l'Hôtel Hibiscus, situé en bord de lagon près du Club Med. Gestion familiale détendue : le père et le fils sont en cuisine et au bar, la mère et la fille à l'accueil et à la gestion. Une adresse à vous recommander (www.hotel-hibiscus.pf).
Le tour de l'île en voiture est vite fait : une demi-journée suffit. Seule la partie nord est vraiment intéressante. Le reste est assez banal, surtout pour nous qui connaissons bien La Réunion, dont le climat et la végétation sont assez comparables. Quant à l'intérieur, il n'est accessible qu'en 4x4, à part une montée au Belvédère, que nous avons faite ; on y découvre un très beau panorama sur les deux baies de Cook et d'Opunohu, joyaux touristiques de l'île.
Le 5 mai a été pour nous l'occasion de boire le champagne sur la plage en l'honneur du ??ème anniversaire de Christiane. Il y a trois ans, nous étions à cette même date en pleine Vallée de la Mort, au Nevada Toujours au chaud !
Le pays des perles noires
(qu'on appelle désormais 'Perles de Polynésie')Si l'occasion ne s'est pas présentée de visiter une ferme perlière, par contre les nombreux points de vente des ces fameuses perles du Pacifique ont été le lieu de fortes tentations. Ces dames y ont bien entendu succombé, avec un plaisir évident. En particulier dans ce magasin spécialisé où on vous présente, classées dans des bacs, des milliers de perles que l'on peut disposer à sa guise par couleurs ou par grosseur, afin de composer soi-même un collier ou autre bijou original qui sera ensuite assemblé à la demande. Une visite intéressante. Mais onéreuse !!
Danse avec les raies Le moment le plus fort de ce séjour a été l'excursion d'une journée en bateau dans le lagon de Moorea. L'île est encore plus belle, vue depuis l'eau. Et surtout, la faible profondeur du lagon transparent permet d'assister au repas des requins, soit depuis le bateau, soit - pour les plus téméraires - en plongeant avec l'accompagnateur, qui gave de poisson ces sympathiques petits bêtes qui n'ont pas l'air agressives du tout. Le plus amusant est la plongée au milieu d'un banc de raies géantes, qui viennent se faire caresser et vont même jusqu'à vous enlacer de leurs ailes et à vous faire des suçons. Nicole en a gardé la marque trois jours !
La pause pique-nique se faisait sous les cocotiers, sur la plage d'un motu (îlot) : punch et bière à volonté, pendant que se préparait le repas ; démonstration très réussie de poisson tahitien au lait de coco ; espadon au barbecue. Un régal !
Il nous restait à regagner Los Angeles d'abord, la France ensuite, la tête pleins de beaux souvenirs.
Ainsi s'achève cette série de journaux de voyage.
Nous espérons qu'ils vous ont permis de vagabonder agréablement avec nous par la pensée.
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