"La Lettre de Bucéphale"
Publication éphémère à périodicité aléatoire, diffusée grâcieusement à une sélection d'abonnés.
Il existe une version Internet, diffusée par e-mail, et une version postale, diffusée par Maileva.
n° 1
du 4 octobre 2001
Washington, Idaho, Montana, Wyoming (Yellowstone)
Voir p.2
Ci-dessus : Tétradrachme d'argent frappé par Alexandre-le-Grand en l'honneur de sa légendaire monture
Les informations générales

Changement de programme
Les événements du 11 septembre aux Etats-Unis, et la suspension des vols qui en était résultée, nous ont obligés à retarder notre départ d'une semaine et à reporter en fin de séjour la semaine prévue près de New-York (pour Xne et JR). Des amis nous on dit : "Vous partez quand-même ? Quel courage !", ce qui était une façon polie de dire : "Quelle inconscience..."
En fait, il n'a jamais été question pour nous de renoncer, bien au contraire : sécurité accrue, affluence moindre, désir de voir l'ambiance sur place, tout nous incitait précisément à maintenir ce voyage. Et nous ne le regrettons pas.

Une réaction nationale
Les Américains ont reçu un choc considérable. Ils ont réagi en se serrant les coudes et en affichant bien fort leur sens de la Nation : partout la bannière étoilée orne les vitrines des magasins, les devantures de nombreuses maisons, parfois les voitures. Des slogans fleurissent : "Soyons unis et solidaires", et l'inévitable "God bless America", qu'on voit même en affiches lumineuses sur les supermarchés le long des autoroutes.
Ceci dit, on sent quand-même les citoyens perplexes : comment réagir ? Faire la guerre, oui, mais à qui ? Le manque de culture géo-politique des Américains est bien connu ; ici, c'est flagrant, les données du problème leur échappent. Ils sont surpris quand on leur explique que nous Européens - et nous Français en particulier - connaissons bien le terrorisme et prenons depuis longtemps des précautions qu'ils découvrent aujourd'hui.
Ce qui paraît certain, c'est qu'il n'y a pas de volonté populaire de revanche immédiate, pas de mouvement va-t-en-guerre, mais plutôt un effort de réflexion et une prise de conscience des réalités internationales, qui sont sans doute un phénomène nouveau dans ce pays.

Et le climat... météorologique ?
Parlons un peu du temps : nous avions choisi cette période de l'année pour éviter la foule, mais aussi pour bénéficier de l'été indien. Bonne nouvelle : il est au rendez-vous. Depuis peu, il est vrai, mais au bon moment, c'est-à-dire quand nous abordions les splendeurs du Parc National du Yellowstone.
Notre première semaine sédentaire - très pluvieuse - dans l'Etat de Washington avait été consacrée à divers achats, aux pneus du motor-home (ici on ne dit pas camping-car), aux problèmes d'assurance, etc. Et aussi à le remplir de victuailles, car vous pensez bien que la nourriture reste une préoccupation majeure de tout Français en voyage, et de nous trois en particulier !

Faux départ
Mardi 25 septembre, l'heure est venue de prendre la route pour près de 8000 km en sept semaines. Les deux réservoirs d'essence ont leurs 120 litres chacun. Reste à faire le plein d'eau et à mettre la pompe sous pression. Catastrophe ! L'hiver a été fatal aux canalisations, qui ont cédé sous le gel. Il faut tout changer. Un jour de travail... Mais il en faut plus pour nous abattre et la journée se passe à courir les "Emmaüs" du coin ('Goodwill') : on peut s'y vêtir de pied en cap pour quelques $, ou finir d'équiper la cuisine de Bucéphale. Les solderies de marques ou d'usines ('Factory Outlet') sont également à voir : on ne s'en prive pas. Heureusement qu'il y a un grand coffre sur le toit : ce pauvre Bucéphale va partir chargé comme un vieille mule.

En route pour l'aventure !
Enfin, le mercredi 26 nous pouvons enfin partir plein Est : voir la
page suivante, récit touristique illustré

Manhattan tel qu'on le voyait 'jadis'

Le drapeau flotte sur tous les Etats-Unis

Corvée de ravitaillement avant le départ

Un prédécesseur : John Steinbeck

En 1960, Steinbeck entreprend un voyage incognito - seulement accompagné de son chien français - à bord de Rossinante, une camionette aménagée pour le camping. Il parcourt les Etats-Unis d'est en ouest et en tire un récit savoureux et pittoresque dont nous vous recommandons la lecture. Notre seul point de désaccord : son amour immodéré du Montana dont il fait une descrption tellement enthou- siaste que la réalité nous a déçus.
"Voyage avec Charley" (Ed. Babel - Poche)
ISBN2-7427-1286-0 - 338 p., trad. M. Thies


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