"La Lettre de Bucéphale"
Publication éphémère à périodicité aléatoire, diffusée grâcieusement à une sélection d'abonnés

n° 2

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18 avril 2000


Les premiers jours du " Grand Raid "

Le départ a sonné le vendredi 7 avril à midi de Bellingham, Etat de Washington, en direction du sud par la côte du Pacifique. Au lieu de prendre l'Interstate 5 via Seattle, nous avons bifurqué à l’ouest vers le golfe de San Juan et emprunté le bac de Port Townsend, sur la presqu'île de l'Olympic National Parc.

La traversée de la baie est une petite croisière, à mi-chemin entre celles du Lac Léman et du détroit de Gibraltar. Le vent souffle, le soleil se couche et nous accostons près d'un vieux fort militaire transformé en centre de loisirs, avec une aire au bord de l'eau réservée aux "RV" = Recreational Vehicles = motorhomes et caravanes, ici si répandus. Ce sera notre première nuit dans ces "State parks" très accueillants que nous rencontrerons partout. Nous descendons le lendemain le long de la côte, entrecoupée de criques et de lagons, pour gagner l'Oregon. D'abord une région agricole, où des troupeaux paissent dans de grasses prairies ; puis une longue bande de dunes au sable doré et à la végétation sauvage ; enfin une route en corniche serpentant sur une côte rocheuse très découpée. Une journée de beau temps, qui ne durera pas...

L’Eldorado, avez-vous dit ?

Le troisième jour, la Californie nous accueille enfin. Ce sera, hélas, sous la pluie, le vent et la froidure. Cruelle désillusion, surtout quand le chauffage (au gaz) tombe en panne la nuit ! Il sera heureusement réparé le lendemain. L’électricité nous est fournie le midi par le groupe électrogène, la nuit par le branchement du terrain de camping. En dépit du temps, et grâce à quelques belles éclaircies, nous découvrons les immenses forêts de « Redwoods », ces arbres géants aux troncs impressionnants, qui sont les cousins du sequoïa. Des specimen de 100 m. de hauteur et de 15 à 20 m. de circonférence ne sont pas rares, bien que 96 % aient disparu en cent ans sous la hache (ou la tronçonneuse) des bûcherons. Nous avons, comme tous les touristes, fait halte pour admirer l’arbre dans lequel a été creusée une maison, ou celui à travers lequel on passe en voiture, etc. Bien sûr, des Français ne sauraient traverser le nord de la Californie sans parcourir la route des vins… Ce sera pour nous la Napa Valley, avec escale à Calistoga et visite du « Clos Pegase », un domaine parmi d’autres. Immense, les cuves en inox voisinant avec des œuvres d’art (Dubuffet, César). Sur la route, nous faisons une escale gastronomique (?) à la C.I.A. Pas celle que vous connaissez : il s’agit du Culinary Institute of America, une école hôtelière de grand renom. Bof… Au Domaine Chandon (LVMH) nous achetons une bouteille de « champagne » californien à boire le 5 mai pour l’anniversaire de Xne (NB : nous devrions être dans la Vallée de la Mort !).

Le Golden Gate, enfin…

Plonger sur San Francisco à l’heure de sortie des bureaux, au volant d’un mastodonte, par une autoroute à 2x6 voies bien remplies, est une épreuve redoutable. Le plus fort est que nous avons trouvé du premier coup le terrain de camping pour RV, le seul de toute l’agglomération, grâce – il faut le dire – à une bonne collaboration entre le conducteur et les navigatrices : une qui suit la carte, l’autre qui lit les panneaux…

En franchissant l’interminable Bay Bridge, vue panoramique sur la ville et sur « l’autre » pont : le fameux Golden Gate Bridge, fin et élancé, suspendu à ses deux piliers rouges. Ce n’est que le lendemain que nous irons le voir de plus près, le traverser dans les deux sens, au cours d’une excursion en bus, qui nous donnera une première vision de cette fascinante agglomération en forme de presqu’île. Un peu comme Manhattan, mais orientée au nord, avec moins de gratte-ciels et un relief plus accidenté.

Depuis vendredi, nous explorons « downtown » de long en large, grâce à une navette qui nous prend au camping le matin pour nous ramener le soir. Les quais n’ont plus de secrets pour nous, en particulier le fameux « Pier 39 » et le « Fisherman's wharf  », transformés en vaste centre commercial mitigé de Luna Park. Vue imprenable sur l’îlot d’Alcatraz, l’ancien pénitencier aujourd'hui désaffecté. La pluie nous poursuit, mais on s’est équipés.

Chinatown et Little Italy nous offrent leurs rues regorgeant de boutiques pittoresques et de restaurants. Union Square et Market Street leurs grands magasins et hôtels.

Enfin et surtout, les collines aux rues escarpées sont abordées dans les fameux tramways de San Francisco : les cable-cars légendaires, bien semblables à ce que l’on a pu voir dans tant de films et de feuilletons. Brinquebalants et bondés, comme il se doit (de touristes, bien sûr).

Enfin, lundi, notre dernier jour, le soleil finit par briller et nous permet de monter en haut de la Coit Tower pour prendre les derniers clichés panoramiques.

Prochain objectif : Los Angeles

Mardi 18, nous prendrons en flânant la route côtière vers Monterey et Carmel.

Le numéro 3 de « La Lettre de Bucéphale » vous en dira plus sur notre périple à travers la Californie. Ne manquez pas notre prochaine livraison !

Jean-René - Christiane - Nicole

La traversée en bac du golfe de San Juan

Le long de la côte sauvage de l'Oregon

Bucéphale tout petit parmi les séquoïas géants

Le "pouce" de César dans la Nappa Valley

Ces dames attendent le cable-car à San-Francisco

Merci, chers abonnés, de votre fidélité. A bientôt.

 Ca, c'est mon numéro

 

 

 

Ben, et moi alors ?

Moi, Bucéphale, on ne m’a pas présenté !

Je suis un vieux cheval de retour, car j’ai 21 ans. Mais je suis en bonne santé, car je n’ai parcouru que 50,000 miles et j’ai été très bien soigné par mes précédents patrons. Je cours sur huit pattes et je vaux bien une quarantaine de vos chevaux dits « vapeur ».

Je mesure 23’ (pieds) de long, ce qui vous permettra de savoir aussitôt combien cela fait en mètres, sachant qu’il y a un certain nombre de pieds dans un yard, de yards dans un mile, et que le mile fait 1,604 mètres. Bref, vous voyez que je suis un grand cheval. Mais je parais tout petit à côté de mes jeunes congénères de 32’ ou des camions de 42’.
Hiiiiii Hiiiiii (je hennis)

 

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